Entre chien et loup

Déjà l’automne vente le ciel d’une blancheur d’acier. Regarder au travers de la serrure un cœur jaune et humide se dessiner comme une lueur entre chien et loup. Il faudrait invoquer tous les fers à cheval, les trèfles à quatre feuilles et les rameaux d’olivier pour cesser de se sentir bancal. On se pencherait alors vers l’ami présent. Et les feuilles cirées se casseraient et montreraient leur face d’hiver avancé.

Poésie-fiction

Et l’histoire se répéta

15 avril 1848
Bulletin de la République, texte de George Sand

Citoyens, nous n’avons pu passer du régime de la corruption au régime du droit dans un jour, dans une heure. Une heure d’inspiration et d’héroïsme a suffi au peuple pour consacrer le principe de la vérité, mais dix-huit ans de mensonge opposent au régime de la vérité des obstacles qu’un souffle ne renverse pas ; les élections, si elles ne font pas triompher la vérité sociale, si elles sont l’expression des intérêts d’une caste, arrachée à la confiante loyauté du peuple, les élections, qui devraient être le salut de la République, seront sa perte, il n’en faut pas douter. Il n’y aurait alors qu’une voie de salut pour le peuple qui a fait les barricades, ce serait de manifester une seconde fois sa volonté, et d’ajourner les décisions d’une fausse représentativité nationale.

Source : Correspondance George Sand – Classiques Garnier – Collection dirigée par Georges Lubin