Celle qu’on appelle littérature

Peut-elle briguer un tel sacerdoce ? Perplexe et soucieuse, elle rêve encore devant ses collections de livres. Elle parade sans doute en disant être née de la dernière révolution. Depuis longtemps, nous simples mortels, elle nous fait basculer dans l’imaginaire, nous plonge dans le passé, pourfend nos moindres évidences. Et comme un oiseau tambourinant à notre mémoire, de son petit rire, elle jubile devant notre soudaine prospérité intellectuelle.

Poésie-fiction

 

Paru dans Lichen n° 38

Balade

Elle passait sur la promenade là devant nous
montée sur un gyropode
le regard posé au loin
Elle était dorée
un peu ronde dans une robe un peu décolletée
une blonde venue du nord certainement
Il faisait un temps doux de fin d’été
le jour était doré
Tout à coup elle est réapparue au milieu d’un groupe là tout près
Ils étaient six à la table d’à côté
parlaient une langue du nord certainement
Elle était rayonnante et dorée
dominait la petite assemblée
le regard au loin
lumineuse sur cette terrasse d’été
la pensée attachée au gyropode

Lichen n° 38 – juin 2019