L’hiver dans toute son humilité

Les champs élimés ont pour ornement
de pauvres gerbiers sans clarté

Les animaux des forêts crient,
chevreuils dans leurs ramures
apeurés par la naissance du jour

Les tourmentes et le froid noir
brûlent les landes dès le soleil évanoui

Le paysage a enfilé une brassière de gel
c’est l’hiver végétal pris au piège
des mottes gluantes humides et odorantes

Autres poèmes

Hésitation

Je m’entortille en voulant me démêler
me mêler au hasard
d’un dédale solide et vécu
qui m’embrume et m’ennuie
au jour le jour
dans une bousculade
qui me démet de tous mes membres
roués et décollés de moi
posés là à côté
pauvres prolongements
vertigineux
et si je me hissais vers ce sourire
qui me suit la nuit me rappelle le jour
à mes obligations
et je dérive
non je déroule mon âme
au hasard
dans un dédale exquis où je
rêve de facile exaspération
et finalement
me rengorge d’une brusque espérance