Poésie fiction : Miroir

A quelles légendes rêver pour entendre les cris des choses fragiles, quand sur les versants de corail la beauté des arbres nous fait pleurer. Un écho imperceptible porte au-dessus de la route le chant des feuilles de braise. Nos  corps soudain rodent et se fondent au dehors en ossements moutonneux. Et notre image se tient dressée dans le miroir de nos souvenirs.

Poésie-fiction

 

Aux Editions Encres Vives

Midi, pointe du Lazaret

Les Editions Encres Vives publient mon recueil Midi, pointe du Lazaret dans la collection Lieu.

Seize poèmes souvenirs d’enfant et impressions d’adulte.

Extrait …

Panorama intérieur

Regarder
par la fenêtre
ouverte
le ciel bleu et blanc.

Poser la mâchoire
contre l’encadrement
comme sur le rebord
de la terre.
En mordre le recoin
là à portée de dents.

Rejoindre ce monde
abusé…
Ou me fondre
dans l’eau de l’étang
comme dans le conte
fantastique.

Vivre
ailleurs que je ne voulais
pourtant.

Editions Encres Vives

 

Je suis-je …

Minuscule hommage à Robert Desnos

Je suis-je en colère au matin dans une campagne où j’accouplé-je mes multiples vies
Je suis-je lente et mesurée mais je voudrais-je être la foudre et l’étincelle fleurie
Je marché-je lourdement sur mes tapis de pensées monochromes et thermolumineuses
Je suis-je libre de vivre heureuse mais le sens de mes atermoiements me meutris-je
Je verbia-je et coloria-je mon alphabet de soudaines et fugaces futaies d’yeuses
Je suis-je pauvre devant la riche nature où mon regard se posé-je nerveuse
Je suis-je heureuse par le mot et le geste quand je les maîtrisé-je pauvrement
Je célébré-je ma vie amoureuse évanouie au ras de mes précipices honnis
Je suis-je la femme qui pleuré-je apitoyée sur son lâche enfantement

Exercices de style

L’hiver dans toute son humilité

Les champs élimés ont pour ornement
de pauvres gerbiers sans clarté

Les animaux des forêts crient,
chevreuils dans leurs ramures
apeurés par la naissance du jour

Les tourmentes et le froid noir
brûlent les landes dès le soleil évanoui

Le paysage a enfilé une brassière de gel
c’est l’hiver végétal pris au piège
des mottes gluantes humides et odorantes

Autres poèmes