Sur l’étagère

Un objet a bougé sur l’étagère de livres
Un objet s’est déplacé dans un léger froissement

Le brouillard de mes pensées ne l’a pas identifié
Était ce une ombre seulement l’ombre d’une main
cherchant le livre préféré

Un objet lentement en mouvement sur les titres à la suite
Un outil de reconnaissance des lignes imprimées

Lecteur magnétique des codes littéraires amoncelés
il va m’aider à me souvenir des pages déjà lues
me remémorer les mots oubliés

Au réveil je vois l’étagère face à mon lit
La pile de tee shirts est tombée cette nuit

 

Je suis-je …

Minuscule hommage à Robert Desnos

Je suis-je en colère au matin dans une campagne où j’accouplé-je mes multiples vies
Je suis-je lente et mesurée mais je voudrais-je être la foudre et l’étincelle fleurie
Je marché-je lourdement sur mes tapis de pensées monochromes et thermolumineuses
Je suis-je libre de vivre heureuse mais le sens de mes atermoiements me meutris-je
Je verbia-je et coloria-je mon alphabet de soudaines et fugaces futaies d’yeuses
Je suis-je pauvre devant la riche nature où mon regard se posé-je nerveuse
Je suis-je heureuse par le mot et le geste quand je les maîtrisé-je pauvrement
Je célébré-je ma vie amoureuse évanouie au ras de mes précipices honnis
Je suis-je la femme qui pleuré-je apitoyée sur son lâche enfantement

Exercices de style

Et l’histoire se répéta

15 avril 1848
Bulletin de la République, texte de George Sand

Citoyens, nous n’avons pu passer du régime de la corruption au régime du droit dans un jour, dans une heure. Une heure d’inspiration et d’héroïsme a suffi au peuple pour consacrer le principe de la vérité, mais dix-huit ans de mensonge opposent au régime de la vérité des obstacles qu’un souffle ne renverse pas ; les élections, si elles ne font pas triompher la vérité sociale, si elles sont l’expression des intérêts d’une caste, arrachée à la confiante loyauté du peuple, les élections, qui devraient être le salut de la République, seront sa perte, il n’en faut pas douter. Il n’y aurait alors qu’une voie de salut pour le peuple qui a fait les barricades, ce serait de manifester une seconde fois sa volonté, et d’ajourner les décisions d’une fausse représentativité nationale.

Source : Correspondance George Sand – Classiques Garnier – Collection dirigée par Georges Lubin

Et puis quoi encore ?

Ma contribution à l’Atelier du don de mots – Revue Lichen septembre 2018

je voudrais éternellement amarrer ma barque sur une mer de velours bleu
je voudrais jubiler au grand bestiaire et ne jamais me perdre
je voudrais adorner les jurons pour qu’ils crient « liberté »
je voudrais vivre, brodequins lacés, une éternelle saison de fenaison
je voudrais m’amouracher un jour des batraciens de mon poulailler
je voudrais vivre frénétiquement les soirées sous la brise en été
je voudrais raffiner le terreau limicole et qu’il devienne humus odorant
je voudrais m’amarrer à ma rectitude, poétiquement
je voudrais sentir ton appréciation dans le papillonnement de tes paupières
je voudrais toujours lire tes mots sur le torse des statues

mais tous mes vœux seront-ils jamais concordants ?

Parutions dans Lichen

Page Poésie-fiction

N’est pas polyglotte qui veut …

Comme il a raison Jules Laforgue d’insister sur la difficulté d’apprendre les langues étrangères… Pour dépasser notre langue maternelle, « il faut […] vivre parmi des gens qui parlent couramment trois langues ». On le connait bien, et on le déplore aussi, ce manque d’aisance à baragouiner anglais, italien, espagnol, allemand, suédois, chinois ? ! … Même si nous ne sommes pas comme lui lecteur d’une impératrice allemande.

Un handicap dévoilé dans une lettre à un ami…

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