Les bourrasques battent
les herbes
aliénées
à cette terre-île
Sur un bout de granit
un continent
et toutes les paroles
Seuls
isolés
en proie aux hurlements
les oiseaux haut dans leur ciel
effeuillent le minuscule
territoire
Quand la mer et le ciel
pourraient
sous nos yeux
avaler toute la
Terre
*
Le soir médite
sur le
silence
Entre joie et peur
peine et
obéissance
Tout chemin
aboutit aux regrets
Le soir médite
et les absents
pèsent
dans chaque voix
Le noir habille
leur silence
*
Ecoute l’écho de ma chaleur
Avance lentement
Prends le temps
d’une respiration
d’une tendresse d’enfance
Ecoute
Les feuilles au jardin
se froissent
C’est l’été
Bientôt il fera froid
Tu es tendre
prêt à entendre le bruit des matins
aux portes arrêtés
*
Les nuages comme des voiles
jetés sur
le bleu des montagnes
Sous les voiles au vent
avancent les
esprits méticuleux
épris et exigeants
Tout les ramène
à la lune blonde
endormie sur leur peine
Voiles levées
Voix élevées
Vers un au-delà
Y croire Avancer