Un jour d’agapes

Un jour, dans ma maison
je mettrai, posé sur ses quatre pieds, un fauteuil aux bras forts
je déroulerai un tapis comme une ombre jetée sur le chemin
je dresserai la table chargée de nourritures substantielles
je remplirai les cruches de vin et d’eau fraîche
je trancherai le pain qui aura la couleur et l’odeur des enfants
on fêtera le retour dans la maison

 

C’était ailleurs

un rêve un son
paroles éteintes
sous le long cours des naissances
aux couleurs de peau
à l’odeur de pays exotiques
comme avant le long voyage

étoiles écrasées hier dans le rêve
merveilleux envols de nuits étranges
quand le lac scintille
quand le matin éveille l’oiseau
inscrit sur mon front

endormies les plaintes
sous ce ciel
à nul autre
connu

 

C’est l’hiver tout doucement

 

C’est l’hiver dans une lumière éclatée sur les champs de neige du Nord. La ville se colore tout doucement, se couvre de glace, de givre pour briller autrement. Lentement les hommes s’y promènent, pantins habillés de laine molle et chaude. Ils iront ainsi, marionnettes patientes, attendant le retour des jours longs.

 

Mélancolie et regret

RUE DES LOMBARDS « Printemps 1940 dans un village du Languedoc. Ici, la guerre se passe au fond des cours, dans les remises et les cuisines. La guerre des femmes qui font vivre la famille. Autour d’elles il y a des enfants, les leurs bien sûr mais aussi les autres. Des tout petits et des gamins, pas encore des adultes, ils ne sont pas partis… » 

UN ETE 70 « On avait renouvelé la garde robe de l’été. Chaque fille avait eu sa grenouillette en éponge, un maillot deux pièces et un chapeau cloche en cretonne fleurie. Le mien était rouge et bleu, ma grenouillette à fines rayures jaunes et vertes et mon maillot bleu marine à gros pois blancs. On n’avait visiblement pas pensé à accorder les couleurs et les motifs. Mais c’était les vacances et c’était bien… »

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