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Humeur Impressions & Souvenirs

La jeune fille et la dame

Une vie, des parenthèses et c’est pourtant toujours la même chose. Le hasard et les nécessités, le bien et le mal, l’espoir et le découragement. Tous ces sentiments contraires qui nous animent, nous fouillent et nous alimentent aussi. Et dans tout ça, l’amour ? Où est-il, l’amour ?

Une jeune fille et une femme plus très jeune. Elles se croisent, se sourient, se parlent. Des banalités, des politesses échangées entre une serveuse et une cliente désireuse de tuer son temps devenu lent et douloureux. La dame dit un jour qu’elle a deux garçons et qu’elle aurait bien aimé avoir une gentille fille comme elle. Elle ajoute que ses garçons ne sont pas des tendres, et pas plus. Les jours passent, la dame vient presque chaque jour boire un café, déguste parfois aussi une pâtisserie parce que le sucre c’est un baume quand on a mal. Elle se dit qu’il faudrait faire attention pour ne pas, en plus, se détester d’avoir pris un ou deux kilos et se trouver moche, en plus !!

Puis un jour, la dame dit à la jeune fille que sa maman a bien de la chance d’avoir une grande et jolie fille. La jeune fille confie que depuis l’âge de deux ans elle n’a plus vu sa maman. La dame s’excuse, voudrait retirer ses paroles. Elle lui demande seulement si, au moins, elle a un papa… Oui le papa est présent, à ses côtés depuis toujours. Ouf ! La dame pense que le mal est à demi corrigé, la jeune fille a dû avoir un papa aimant pour être aussi aimable. A cet instant, un sourire lumineux de la jeune fille le confirme.

Un jour, la dame et la jeune fille se perdront de vue, forcément. Restera le souvenir d’un jeune visage souriant, se dit la dame. Une jolie parenthèse qui lui aura été offerte.

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Ecrits courts Humeur

Larges ciels

L’hiver peut sembler permanent sous ces rives là, dans ces pays où nulle colline ne masque le ciel. Il peut aussi laisser la place, sans avertissement, à un été plus ou moins réel qui émerge brusquement des brumes. On entend alors claquer les humeurs des temps clairs, seule joie possible quand on a le cœur en hiver. Etre sensible aux lieux, aux instants, c’est une faiblesse innommable, honteuse et incomprise plus qu’incompréhensible. Elle colle, elle s’attache, elle s’insinue par tous les pores, sous les ongles, dans les plis du coin des lèvres qui de plus en plus se montrent impudiques – pour dire cette sensation là.

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Fatras

Fatras multiples – comme au temps des déguisements – au temps des oreillers qui nous protégeaient. On disait fatras et on aurait voulu que ce soit l’origine de toute chose, le gouffre des sentiments. On était perdus dans un fatras de remugles, avec ces gens, nos gens qui ne comprenaient pas nos fatras à nous, pourtant pas si intimes en définitive, nos élans, nos réflexions, jusqu’à nos gestes d’amour. Oui, ils sont d’amour nos gestes ! Mais avec si peu d’écho, même pas d’acceptation, que du retrait, de la distance, du brouillard, tout un fatras d’ingratitude, tout un amoncellement plat de plantes stériles. Rien de spontané dans ce fatras d’inhumains, gelés, pris dans les glaces de leurs empêchements, dans le fatras de leurs préjugés. A peine s’ils vivent en fin de compte, bloqués, murés, engoncés et finalement amers, étroits et regrettant tout ce qui n’est pas leur fatras de guenilles sentimentales… Non, même pas sentimentales, mais inhumentales. Aujourd’hui, j’ai envie d’inventer un mot : in-hu-men-tal !

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Femme(s) !

Il y aurait tellement à dire sur les femmes d’ici et d’ailleurs, sur leurs vies tout simplement, sur leurs droits bafoués, piétinés.
Je ne me sens pas le droit d’en parler, moi qui vis paisiblement (pour l’instant ?). Quant à évoquer les femmes célèbres, elles sont trop nombreuses pour la place restante au Panthéon des hommes !
Le 8 mars est depuis 1982 (seulement ?) la journée internationale des droits des femmes. Mais pourquoi existe-t-il une journée spéciale pour cela ? CQFD …

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Papier blanc

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Enfant Tendresse

Il suffit parfois d’un très court moment pour mesurer toute la tendresse contenue dans les gestes innocents.

Un petit enfant rachète alors l’amertume de temps moroses.

Avec toute sa spontanéité il s’avance, s’installe naturellement sur les genoux d’un adulte, lui intime le geste de son affection.

Ses paroles ne sont même pas indispensables, il s’impose immédiatement et crée l’osmose.

Tendresse d’enfance !

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Le Ver et le Solitaire

Le ver est calé dans la pomme comme une écharde plantée dans le doigt. Il se sent seul dans la chair pourtant douce du fruit. Est-il mal-aimable, grossier ? Il est vrai que son allure, son apparence ne jouent pas en sa faveur. Ses volutes visqueuses sont laides, inspirent le dégoût. Il voit bien que le vide se fait autour de lui, que personne ne souhaite le frôler, le côtoyer encore moins.

Dans sa difficile condition de paria, il évolue seul, recroquevillé sur sa tristesse existentielle, incapable de nouer des liens, exceptés peut être autour d’une tige verdoyante, poussée prometteuse de printemps, sève libératrice. C’est son seul espoir de se nourrir du suc de la nature, une nourriture terrestre indispensable à sa survie. Les autres liens, immatériels, affectifs et sensoriels sont hors de sa portée.

Décidément, la solitude est mauvaise conseillère : elle nous amène à vivre en ver et contre tous !

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Photo floue

Des hommes  dans une sorte de nébuleuse, dans un flou artistique.

J’ai envie d’y voir de la douceur, un espoir de confort, sans confrontations, dans l’harmonie des gestes et des pensées.

Oui mais les têtes ne sont pas au rendez-vous, ces hommes ne montrent que des dos, refusent le face à face.

Cette photographie floue, je l’ai prise par hasard, par mégarde, dans une manipulation maladroite de mon smartphone ! Aujourd’hui, je la juge révélatrice de nos renoncements et peut être de nos peurs.