Poésie-fiction

la rubrique des mots-à-maux, mots-venus, mots-et-remords, mots-en-vie, mots-a-l’heur, mots-mie …

AG#16#09#18

L’homme au chapeau – C’était les vacances de printemps, si je me souviens bien. J’approchais de mon cinquantenaire et mes rêves intérieurs me faisaient aspirer à quelque chose de nouveau. Je n’assumais pas tout à fait l’étape qui s’annonçait et mon travail ne me procurait plus beaucoup de plaisir. Un ami m’avait prêté un livre : j’y découvrais un univers, celui de la poésie et une présence, celle de l’homme au chapeau, tantôt sous le soleil de midi, tantôt la nuit sous les étoiles. Et ces mots qui se dévoilaient au fil des pages du petit recueil m’offraient une approche singulière des choses, peut être la clé de mes futurs rêves, une amorce de solution pour affronter les années. Imaginer d’autres aventures, d’autres histoires comme celle de l’homme au chapeau ?

AG#19#03#18

Confession – Jusqu’à quand était-elle restée fidèle ? Sa part de femme normande diablement piquante avait toujours été pour toi une évidence. Dans ce livre, ses déclarations avaient fait un véritable fracas, un retentissement révélateur de son côté « cigale vagabonde ». Au fond, tu savais qu’elle se livrait tout entière, dans un geste de poésie… Mais en fait, rien ne s’accordait dans son histoire puisqu’un jour elle avait choisi de s’assassiner. Alors, tu as cueilli du côté du champs spirituel toutes les fictions qu’elle t’avait offertes. Et maintenant, c’est avec elles que tu vis.

AG#24#03#18

Leçon de poésie – On dit que la fable est leçon de moralité… Ne nous l’a-t-on chanté tout au long de notre enfance ? Une fois adulte, nous oublions ces sages considérations. En effet, qu’avons-nous à faire de réflexions de lecteurs de poésie, de dessins plantés dans des décors chimériques ou d’instantanés photographiques manipulés par des magiciens ? Nous préférons assouvir nos désirs commerciaux, pensant que c’est pour notre bien, fous que nous sommes ! Et nous vivons sans assumer l’enchaînement de nos cinquante, de nos mille envies. Oui bien sûr, en ne tirant aucun enseignement de ces leçons de poésie, nous avons perdu le goût de l’éloquence. Entre nous, c’est bien dommage

AG#07#04#18

Fédor et Romy – Voilà le titre du film dont j’aurais aimé être le réalisateur. A partir de ces deux prénoms, sur le mode cinéma d’auteur, j’aurais par exemple essayé d’élucider la mystérieuse histoire du coupe. Lui prêt au départ, décidé à aller soigner sa langueur loin d’elle. Elle, toujours exceptionnelle, particulière, achevant les scènes sur des éclats de voix, dans un volume et une langue intenses. Puis quittant finalement ce monde dans un rayon de soleil éblouissant. Mais, comme toujours incroyant, crédule, timide, je n’ai hélas ! su mettre à mon tableau de chasse aucune aventure de cinéma…

AG#19#04#18

Premier coup de téléphone – Dans le brouillard de ce pays sévère va peut être se renouveler une aventure dont je ne sais plus expliquer l’origine. L’appel de Pierre, depuis son bureau, prend aujourd’hui une attractivité nouvelle. Il est possible qu’il veuille nous expliquer collectivement le sens de notre séjour ici… Je sens que sa parole se civilise, qu’il veut nous valoriser pour mieux nous unir. Va-t-il nous offrir un tube animé du souffle qu’il donne à toutes ses créations ? Deuxième sonnerie : au bout du fil, s’accompagnant à la guitare, Pierre chante sa nouvelle chanson qu’il a titrée La fête de la méduse. Fiction sexuelle absolue, son rythme donne immédiatement le ton à ce week end surprise, dans ce lieu si particulier où il a réuni toute l’équipe.

AG#13#05#18

Education parentale – Encore une fois, j’ai écouté les conseils des responsables… Je vois bien qu’Aurélien et Paul ne font pas comme moi. Ils arrivent à monter les projets pour l’école, en souplesse, avec l’approbation de tous. Moi je ne sais pas transformer mes idées ou mes envies, chaque thème qu’on me suggère, je l’adopte et hop… J’en suis arrivée au stade où ce sont les parents qui, chaque année, décident des sorties des enfants. La dernière en date : un vendredi au musée, le partage de la beauté, indispensable à la jeune génération, blablabla… Non il va falloir que je me regroupe, que je fasse un peu de méditation. Finalement la pensée est la seule chose vraiment importante et, surtout, il faut y habituer les plus jeunes. Je vais proposer de faire concourir la classe sur le terrain communal à la Grande Epreuve de la Réflexion. Et ils verront un peu de quelles idées je me chauffe…