Une vie, des parenthèses et c’est pourtant toujours la même chose. Le hasard et les nécessités, le bien et le mal, l’espoir et le découragement. Tous ces sentiments contraires qui nous animent, nous fouillent et nous alimentent aussi. Et dans tout ça, l’amour ? Où est-il, l’amour ?
Une jeune fille et une femme plus très jeune. Elles se croisent, se sourient, se parlent. Des banalités, des politesses échangées entre une serveuse et une cliente désireuse de tuer son temps devenu lent et douloureux. La dame dit un jour qu’elle a deux garçons et qu’elle aurait bien aimé avoir une gentille fille comme elle. Elle ajoute que ses garçons ne sont pas des tendres, et pas plus. Les jours passent, la dame vient presque chaque jour boire un café, déguste parfois aussi une pâtisserie parce que le sucre c’est un baume quand on a mal. Elle se dit qu’il faudrait faire attention pour ne pas, en plus, se détester d’avoir pris un ou deux kilos et se trouver moche, en plus !!
Puis un jour, la dame dit à la jeune fille que sa maman a bien de la chance d’avoir une grande et jolie fille. La jeune fille confie que depuis l’âge de deux ans elle n’a plus vu sa maman. La dame s’excuse, voudrait retirer ses paroles. Elle lui demande seulement si, au moins, elle un papa… Oui le papa est présent, à ses côtés depuis toujours. Ouf ! La dame pense que le mal est à demi corrigé, la jeune fille a dû avoir un papa aimant pour être aussi aimable. A cet instant, un sourire lumineux de la jeune fille le confirme.
Un jour, la dame et la jeune fille se perdront de vue, forcément. Restera le souvenir d’un jeune visage souriant, se dit la dame. Une jolie parenthèse qui lui aura été offerte.