L’hiver peut sembler permanent sous ces rives là, dans ces pays où nulle colline ne masque le ciel. Il peut aussi laisser la place, sans avertissement, à un été plus ou moins réel qui émerge brusquement des brumes. On entend alors claquer les humeurs des temps clairs, seule joie possible quand on a le cœur en hiver. Etre sensible aux lieux, aux instants, c’est une faiblesse innommable, honteuse et incomprise plus qu’incompréhensible. Elle colle, elle s’attache, elle s’insinue par tous les pores, sous les ongles, dans les plis du coin des lèvres qui de plus en plus se montrent impudiques – pour dire cette sensation là.
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Larges ciels