La maison sentait la chaleur
L’été roussi à l’heure de la sieste
Volets fermés sur le ménage du matin
odeur de cire et d’eau de javel
Un après midi d’enfance
dans la maison qui suait
le calme et la pénurie
Une maison simple et banalement droite
comme ses occupants
chaque pièce ouverte sur le couloir
peu de mouvements
Jamais d’intrus jamais d’amis
dans la maison fermée
sur ses sages préoccupations
Elle sentait la chaleur
des étés sans vacances
sans horizons
Une vie ordonnée entre ces murs
pièces sans décors et sans surprises
Quelques livres posés près du poste de télévision
seulement quelques romans pour lire l’été
©Annabelle Gral 2020
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Voyage dans la revue « Cabaret »
- Auteur de l’article Par adminanna
- Date de l’article 3 juillet 2020
Très heureuse de voir paraître aujourd’hui un de mes poèmes dans un numéro hors-série de la revue Cabaret.
Aux côtés de 79 autres auteures pour ce « Tour du monde en 80 textes ».
voyage
emportée par le bruit
– ce fracas douloureux de marée –
cherchant un retour
endormie car le parfum d’iode saoule
n’est ce pas
emportée pour arriver au bout des embouchures
et me noyer au port
alors même qu’une amarre enroulée de brume
me retient et me fouille
que le ressac
rappelle ce chant
vieux de longs trajets
d’une rive vers une autre
bercée ici par les vagues enveloppantes
là bas amies
je cherche une fois de plus
à retrouver le goût de sel de mes craquelures
©Annabelle Gral 2018
Parlons du masque, mais rapidement, le sujet est galvaudé ces temps ci. Pensons un instant aux masques dans le théâtre antique. En dissimulant le visage des acteurs, ils leur permettaient d’entrer dans la peau de tous les personnages, de jouer autant le tragique que le comique. Les décideurs du monde actuel, capables de toutes les déclarations, affirmant n’importe quelle vérité et la contredisant le lendemain, sont les acteurs de la tragédie actuelle. Et ils n’ont pas besoin de masques FFP2 dans ce rôle là.
~ Ma lumière n’est pas la tienne, je la cache au fond de mes yeux
~ Le rai du matin est-il fils d’un rêve ?
~ Si lumière il y a, alors l’obscurité me berce
~ Enfant des lumières ou enfant des sagesses ?
~ Lumignons et lampions accrochés sous mes paupières les soirs de fête
~ Lumière d’un jour, encore faut-il que ce soit le plus beau
~ Je rumine mes pensées et en digère toute la lumière
~ A rêver de lumière, je me sens contemplative
~ Quand sa lumière m’éblouit, mon horizon bascule dans sa boréalité
~ Lumineuse éternité pour l’homme touché par la grâce
~ La lumière est au ciel idéal ce que le bleu est à la mer idéale
~ La mort est un artifice, le seul à jeter des feux déjà éteints
~ Que me sert la lumière quand tout autour je ne vois que tristesse
Vers « Mes petites sentences »
Encore une fois, Mesdames, vous n’allez pas manquer de flatter l’ego de votre Michael, son sourire de façade et son regard flou. La belle affaire, faire vos bagages, boucler vos mallettes, direction la Floride. Je la devine votre méthode : jeter des regards aguicheurs, vous parfumer plus que nécessaire, serrer votre taille dans de splendides robes du soir et plonger dans le grand tourbillon… Ne craignez-vous pas, Mesdames, d’exploser en vol, gâtées par tant de fric ? Et attention de ne pas vous laisser prendre dans les filets de votre grotesque chef. La relève pourrait être difficile devant un ogre sourd à vos plaintes !
La découverte des aquarelles de Zao Wou-Ki m’a incitée à quelques timides tentatives …
Jusqu’à quand était-elle restée fidèle ? Sa part de femme normande diablement piquante avait toujours été pour toi une évidence. Dans ce livre, ses déclarations avaient fait un véritable fracas, un retentissement révélateur de son côté « cigale vagabonde ». Au fond, tu savais qu’elle se livrait tout entière, dans un geste de poésie… Mais en fait, rien ne s’accordait dans son histoire puisqu’un jour elle avait choisi de s’assassiner. Alors, tu as cueilli du côté du champs spirituel toutes les fictions qu’elle t’avait offertes. Et maintenant, c’est avec elles que tu vis.


