J’aurais pu

J’aurais pu apprendre que tu n’étais plus, là, stoïque, même pas démontée. Je me serais félicitée d’avoir lu l’avis, l’annonce imprimée en grosses lettres noires de deuil. J’aurais mangé une pomme, pomme de désir, d’amour, rouge et saignante. J’aurais aimé pensé c’est fini, bouclé, dépassé, advenu. Une histoire avec une fin. J’aurais relu les lettres noires de deuil, gros caractères petits frissons. Je les aurais vues se découper sur le mur d’en face, je n’aurais pas fermé les yeux. Tes yeux à toi seraient éteints sur la rougeur du temps, la tempête et le vent dans le ciel. J’aurais pu apprendre que tu n’étais plus. Mais j’aurais continué à chercher à comprendre.

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