Retrouver au fond d’une armoire un vieux cahier de comptabilité utilisé comme carnet (pompeusement baptisé Journal) et replonger cinquante ans en arrière.

Je trouve aujourd’hui l’image de ces enfants à la fois alertés, inquiets et innocents, judicieusement choisie pour orner le buvard. Ils (les enfants et le buvard !) m’avaient sans doute aidée à absorber les mots que je n’avais pas osé écrire noir sur blanc.

1972 n’est pas une année au hasard. C’est le moment où j’ai choisi de noter, de décrire – même maladroitement – le changement qui commençait à bouleverser ma vie : la prise de distance lente mais devenue très vite inexorable d’une sœur aînée. Elle était un modèle et ce modèle s’enfuyait, glissait au fur et à mesure que les mois passaient.

Dans le désarroi de cette année de mes treize ans, je n’avais trouvé que cet échappatoire : fixer mes réflexions sur ce papier fané comme allait bientôt l’être notre vie commune.

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