Citations

Hector Bianciotti – Comme la trace de l’oiseau dans l’air (1999) « Était-il vieux, ce jour des au revoir, lorsque je quittai le pays, jadis, certain que ce serait pour toujours, ne l’avouant pas. Pour la première fois, devant l’un de ses enfants, elle avait éclaté en sanglots. J’étais revenu sur mes pas et, aussi pour…

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La mare perdue

Je regardais le ciel épais*. Epais comme un miroir dans l’obscurité, lourd comme mon pas hésitant. Tout était obturé, fermé aux quatre coins du lieu. C’était pourtant une journée d’été. Je voyais ce ciel lourd. La maison était chaude, envahie de canicule. Je décidai de sortir, de quitter un abri devenu inconfortable. La campagne, blessée…

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Rendez vous

Une barque une eau bleue Soudain les souvenirs d’un bain qui aurait dû me baptiser Aucune main ne m’a guidée jusqu’à la source que je n’ai pu atteindre Lui c’est le lierre qui unit le bord du lit au fleuve apaisé dans une danse flottée Nous aurons manqué les rendez-vous au fil de l’eau

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Eveils

Elle se lève très tôt. A l’aurore. Elle a mal dormi. Hachures, rayures, rainures, pointillés… C’est ce qu’a donné son sommeil. Elle le sent, perçoit au tréfond d’elle-même quelques légères blessures. Elle ne sait les apaiser, pense « Oui, c’est pire la nuit que le jour ». Bizarrement, l’obscurité met en évidence ce que l’absence de lumière…

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Gober le fruit

Ce qui compte c’est tenir la main des saisons c’est le ciel du matin dessiné sur ma joue Et puis aimer l’amour s’accrocher à nos rides comme à un sourire Ce qui compte c’est gober le fruit poussé par surprise au bord de l’âme des choses

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Depuis tout ce temps où elle croyait savoir

Elle est un peu muette publiquement absente peu concernée lointaine figée de naissance Et puis vient une ride au coin des lèvres entre les sourcils clairsemés d’absence Et le passant l’ami l’enfant pressentent une noirceur une profonde froideur peut être de l’indifférence un excès de sérieux un défaut de légèreté de tolérance Leurs yeux la…

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Ces ailes translucides

Toi tu veillais près du vent tu parlais un peu haché un peu happé Tu marchais foulais toutes les terres proches ou lointaines froides ou chaudes Tu éparpillais les ailes des papillons qui se posaient sur ta main parce qu’elles gênaient trop fines trop transparentes liées à trop de sensations fignolées comme des œuvres d’art…

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Au vent

Je regarde le jardin J’entends le vent Je vois les arbres, leurs branches en partance Comme un déchaînement de petites forces un va et vient dansant sur fond bleu Le vent aujourd’hui irise de bleu limpide Pas de plainte triste mais des formes dynamiques frôlant les espaces des oiseaux qui ce matin racontent la journée

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