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Humeur

Des livres et moi

 

Combien de livres tombés entre nos mains sont-ils capables de nous captiver ? Cette question, je me la pose parfois en inspectant mes rayonnages. Et je me rends compte qu’ils sont assez souvent le cadeau pertinent que des personnes bienveillantes et à l’écoute de mes goûts, de mes penchants ont su dénicher et m’offrir ! Constat positif, n’est ce pas ?
Alors, je sais que je ne fermerai pas ce billet d’humeur dans l’amertume, au contraire, pour la bonne raison que j’aurai fait le constat que je ne suis pas la seule à m’occuper de la santé de mes méninges, de mon état nerveux ou de mes plaisirs. Car c’est bien du plaisir, du bien être, que procurent une bonne lecture pour les romans ou la découverte d’une technique pour les livres d’art !

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Humeur Poésie

Eléments

Un ruisseau de cailloux gris serpente entre les arbres secs, pourtant le chemin cahote vers des lumières. Quand les ombres bleues se dressent, alors le froid entre dans nos têtes. C’est le souvenir que nous respirons, sur la terre fumante, dans l’odeur de truffe et de vent.

AG – 2016

« Contente toi de baigner tes pieds dans le sable qui dort
sans demander aux cailloux pourquoi le ruisseau fuit
et pourquoi le vent passe. »

George Sand – Le ruisseau, Légendes rustiques

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Collages

Humeur collages

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Impressions & Souvenirs

Rouge

C’était une maison de chaux, presque troglodyte. A l’intérieur, sur ses murs blanchis, une peinture rouge dessinait des mains. Elles formaient une guirlande qui enserrait les pièces, les reliaient les unes avec les autres, courant de bas en haut. Et de chaque doigt naissaient d’autres mains. Cette image rappelait les peintures et dessins de Cocteau au trait juste, parfait.

Une femme avait réalisé cette œuvre, il en ressentit la réalité comme une évidence, le devinant au choix de la couleur des mains : rouge-sang. Des mains qui avaient servi à donner la vie, puis à accompagner. Qui ? Des enfants bien sûr, des nouveau-nés bercés et caressés, nourris, guidés jusqu’à devenir grands.

Et la maison lui apparaissait comme une enveloppe de protection où il pourrait vivre au milieu de ces liens caressants, se laisser prendre par la main et ne plus lutter.

Il sentit en s’éveillant que son rêve l’avait protégé un instant, même bref (comment savoir si notre rêve a été long, si au contraire il n’a duré que ces quelques secondes qui précèdent le réveil ?). Il sut qu’il devait s’efforcer de laisser l’effet durer, que sa journée et les jours suivants devraient se souvenir de la maison où il se blottirait dès qu’il sentirait à nouveau le poids des mauvais jours de l’enfance. Et à nouveau retrouver ce refuge sorti de son subconscient.

Un rêve doux, avec sa part de merveilleux… Pourrait-il un jour, un instant, le vivre à nouveau ?

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Poésie

Sons et vibrations

Autrefois on vibrait
Sur une voix une parole

C’étaient celles d’un père d’une mère
qui remplissaient tout l’espace

Les jeunes les vieux
s’entendent-ils encore…

Les sons les paroles ne tambourinent
plus sur les mêmes peaux tendues
des mêmes tambours

L’amour a changé de son
ne vibre plus aux mêmes contacts

 

 

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Poésie

1 image 1 texte

Les hommes sont amers
comme le goût
de leurs erreurs

Ils s’attirent s’aiment
se détestent se lamentent

Fous comme des oiseaux
affolés par le halo aveuglant
ils cognent et tapent
contre leur raison envolée

Le jour la nuit
les hommes vivent
de rêve en rêve –
perdus pour leurs illusions

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Poésie

Sans cesse poser la question…

Existes-tu au jour
aux heures de nuit
de ta gorge à tes membres
des pleurs de pluie
aux arches des près ?
Existes-tu froissée
au vent au chant
des feuilles rafraîchies
et aux ombres changées ?
Existes-tu comme moi
amère fleur déflorée
feuillage fané ?
Existes-tu
et vivras-tu
la dernière journée
la dernière nuit
du dernier souffle ?

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Impressions & Souvenirs

Journal 1972

Retrouver au fond d’une armoire un vieux cahier de comptabilité utilisé comme carnet (pompeusement baptisé Journal) et replonger cinquante ans en arrière.

Je trouve aujourd’hui l’image de ces enfants à la fois alertés, inquiets et innocents, judicieusement choisie pour orner le buvard. Ils (les enfants et le buvard !) m’avaient sans doute aidée à absorber les mots que je n’avais pas osé écrire noir sur blanc.

1972 n’est pas une année au hasard. C’est le moment où j’ai choisi de noter, de décrire – même maladroitement – le changement qui commençait à bouleverser ma vie : la prise de distance lente mais devenue très vite inexorable d’une sœur aînée. Elle était un modèle et ce modèle s’enfuyait, glissait au fur et à mesure que les mois passaient.

Dans le désarroi de cette année de mes treize ans, je n’avais trouvé que cet échappatoire : fixer mes réflexions sur ce papier fané comme allait bientôt l’être notre vie commune.