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Les portes d’Aix
Josef Frank, architecte autrichien émigré à Stockholm et amoureux de la Drôme, a été l’un des premiers dessinateurs du modernisme suédois. En plus de croquer ses créations, il peignait l’hiver les intérieurs des appartements du quartier de Gärdet à Stockholm ouvrant sur des rues enneigées, et l’été, les paysages ensoleillés de la Drôme provençale. Du Nord au Sud, autant d’atmosphères fidèlement rendues, je peux en témoigner !
Le petit géranium à la recherche d’un rai de lumière devant la fenêtre :
un classique à Stockholm …
Frises, bandeaux et motifs de pavage ; feuilles d’acanthe ou fleurs de lys : des ornements que l’on aime retrouver pour leur simplicité, la douceur de leurs tons, le fondu des huiles estompées par le temps. Comme ici sur un monument gordien.
Laisser l’eau courir à nos pieds, la chaleur nous pénétrer, la lumière nous égayer : un matin sur une plage ensoleillée de la Méditerranée. Et pourquoi pas suivre en marchant ces coquillages qui montrent la voie vers Saint Jacques ? Mais là c’est autre chose…
Un week end de septembre à Perpignan : beau temps, belle ville, beaux monuments (même la gare…) ! Visa pour l’image se terminait le dimanche, j’étais venue pour voir des photos chocs… L’émotion et la colère étaient réelles, impossible de rester impassible devant toute la misère du monde. Mais comment ne pas se sentir voyeur ?
Alors j’ai fait mon parcours photo, mon visa pour de simples images.

Allongés sur les galets, accroupis, agenouillés, visages tournés vers le soleil, sortant de l’eau ou y plongeant pour un baptême involontaire, les corps s’exposent sans pudeur. La sueur et l’eau glissent sur leur peau. Les femmes assises jambes écartées comme pour accoucher, ici plus qu’ailleurs couvent leur enfant. Lui pleure, crie comme au premier instant. Des couples lisent étendus sur les cailloux ou, réunis en groupes, bavardent bruyamment.
C’est en été, à Cadaqués.
C’était une belle et chaude soirée d’été. Nous marchions avec ma grand-mère le long de la route départementale. Le goudron dégageait son odeur tiède et sucrée. Des champs bordant la route montaient les parfums de la moisson. Nous ne parlions pas parce que nous goûtions ce moment où une douce chaleur nous apaisait après la fournaise de la journée.