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Humeur Poésie

Rien ne bouge

Il fait soleil – les oiseaux au beau fixe – mais rien ne bouge
Quelques fébriles bruissements – dans ma tête des bruits – des vagues claires et sombres
Aucune odeur – non je ne suis pas malade
Ce n’est pas mal ici le printemps – pas de souci on sera en été – bientôt
Tout ça sera oublié – mais non je ne sens pas le froid – il fait chaud – presque
On dira ça dans quelque temps
Dehors la table blanche – brille au soleil – posée sur les herbes douces

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Poésie

J’avais aux mains des herbes folles

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Poésie

La ville noire

Ville pleine
où errent les misères
Les voit-on
les ignore-t-on
les rêve-t-on
Ville noire ville blanche
aussi impersonnelle
qu’une prière ordinaire
Habitée Déshabitée
Brûlée au hasard de ses rues
rayées des salissures
des hommes parvenus
et des hommes encore non advenus
C’est ça la ville
impuissante active et punie
Bornée des bruits obsédants
de vie de mort et d’ennui

La ville noire, roman de George Sand – 1860

La ville noire décrit une industrie, celle des couteliers-armuriers de Thiers. Dans cette société miniature, bas et haut s’affrontent, peuple des ouvriers du Trou d’enfer et peuple des bourgeois de la ville haute.
« Une fois brouillé avec l’espérance, on s’abrutit tout doucement dans le travail quotidien ; on arrive insensiblement à ne plus regretter, à ne plus comprendre le mieux ; on se néglige, on s’abandonne au moral et au physique ».

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Rime riche – Rime pauvre

Rimer n’est pas indispensable
Raconter oui
Conter du rêve, le faire
rebondir d’une marge à l’autre

Il suffira que le récit
dégage son charme de conte
à l’image des plus incroyables
chimères

Postées, armées, déterminées
au coin d’un cerveau
à peine éveillé
mais infiniment
alerté

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Poésie

Dernières parutions dans la revue Lichen

Décembre 2019

C’était ça

Une gifle une griffe
mais non une caresse un soupir
le cœur en chamade indifférente

Dans la maison endormie
le volet s’ouvrait sur l’air frais ce soir là

C’était ça
Hors les tourments de la dispute
les mots les cris les pleurs

C’était une pâleur timide
marquée sur ma peau
un tatouage-paquetage
inscrit en adn

C’était tout ça

 

Janvier 2020

Jeu

J’aime les mensonges minuscules
mots sucrés volés à la cuisine
jetés du bord de mes lèvres timides

J’aime les mensonges songeurs et graves
tempérés de gestes doux
enroulés de gentillesse

J’aime les mensonges curieux
sous les plis des faux semblants
derrière les paupières et l’ouïe oublieuses

J’aime les mensonges fous
inutiles futiles et gratuits

J’aime glisser mes vérités
sous des évidences mensongères

 

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Humeur Poésie

Des ocres, faire des calories

Il faut allumer la chaleur. Des ocres, des rouges, des ors faire des calories. Les baies accrochées aux branches encore vertes, les piler pour les fondre en liqueur puissante. Le froid s’accroche ? Oui, les vitres montrent leurs perles d’eau et font du jardin un bijou glacé, un gâteau fouetté de décors jaunes bruns. J’ai envie d’accrocher la chaleur d’un poêle virtuel. Des voix venues du nord, ces voix virtuoses de la négation des froids, accompagnent la lente chute des feuilles. Ce n’est pas le vent que j’entends, mais le chuchotement de ces amis lointains qui veulent m’apprendre l’hiver, le froid et les longs mois endormis. Me montrer le don d’un pelotonnement dans la laine douce des feuillages tressés sur le dos des animaux. M’aider à me calfeutrer dans le sommeil des hivers blancs et bleus. Il faut allumer la chaleur, disent les voix. Il n’y a pas d’autre choix. Et le poêle s’allumera, fera don de sa chaleur innée.

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Poésie

Un soir dans la maison

Le soir habille la fille filant la laine d’ombre
Dans un amenuisement imperceptible
son esprit tangue

Marcher est un défi
elle faiblit
soupire à la lumière bleue

Dans la maison
-un voile et tant de peines
envies
espoirs
Elle s’affaisse sur l’asthénie
d’un soir

Au-dessous du front lourd
son regard sur l’enfant
-un espace d’amour là autour

Son œil hésitant
entre la fresque dessinée
dans les nuages
et le sol froid de la chambre
-Est-elle forte pour le poids de l’enfant

Des craquelures crissent dans le ciment
son oeil de haut en bas écoute le silence

Et l’enfant dort comme il rêve
enroulé au lendemain