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Poésie

En espace clos

un carré noir sur la page blanche
une rayure sur le cahier
un cube sans couleur
sans profondeur
menottes rondement
appliquées sur les muscles
étirés
le mouvement la marche
bloqués
une vie au ralenti
au bout il faut compter
que rien ne sera libre
empêché de l’intérieur
verrouillé et stupéfait
la vie sera sans espace
les menottes prises
les mains inutiles et
l’esprit
oui l’esprit
un carré noir sur la page blanche
une rayure sur le cahier
un cube sans couleur
sans profondeur
dans ce dessin bleu de nuit
la fin de vie est carcérale

Texte paru dans la revue FPM n° 19

 

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Dessin Poésie

Frida

C’est une fleur plantée dans le front
un pan d’histoire
dans des sourcils de cactus
Vestale du Mexique
longue robe violentée
fresque millénaire dans un jupon
coiffure de guerrier et bijoux balafrés
A Chicago elle peignit
son visage d’histoire amérindienne
son pas claudiquant déposé
devant les temples précolombiens

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Humeur Poésie

Rien ne bouge

Il fait soleil – les oiseaux au beau fixe – mais rien ne bouge
Quelques fébriles bruissements – dans ma tête des bruits – des vagues claires et sombres
Aucune odeur – non je ne suis pas malade
Ce n’est pas mal ici le printemps – pas de souci on sera en été – bientôt
Tout ça sera oublié – mais non je ne sens pas le froid – il fait chaud – presque
On dira ça dans quelque temps
Dehors la table blanche – brille au soleil – posée sur les herbes douces

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Poésie

J’avais aux mains des herbes folles

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Poésie

La ville noire

Ville pleine
où errent les misères
Les voit-on
les ignore-t-on
les rêve-t-on
Ville noire ville blanche
aussi impersonnelle
qu’une prière ordinaire
Habitée Déshabitée
Brûlée au hasard de ses rues
rayées des salissures
des hommes parvenus
et des hommes encore non advenus
C’est ça la ville
impuissante active et punie
Bornée des bruits obsédants
de vie de mort et d’ennui

La ville noire, roman de George Sand – 1860

La ville noire décrit une industrie, celle des couteliers-armuriers de Thiers. Dans cette société miniature, bas et haut s’affrontent, peuple des ouvriers du Trou d’enfer et peuple des bourgeois de la ville haute.
« Une fois brouillé avec l’espérance, on s’abrutit tout doucement dans le travail quotidien ; on arrive insensiblement à ne plus regretter, à ne plus comprendre le mieux ; on se néglige, on s’abandonne au moral et au physique ».

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Poésie

Rime riche – Rime pauvre

Rimer n’est pas indispensable
Raconter oui
Conter du rêve, le faire
rebondir d’une marge à l’autre

Il suffira que le récit
dégage son charme de conte
à l’image des plus incroyables
chimères

Postées, armées, déterminées
au coin d’un cerveau
à peine éveillé
mais infiniment
alerté

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Dessin Poésie

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Poésie

Dernières parutions dans la revue Lichen

Décembre 2019

C’était ça

Une gifle une griffe
mais non une caresse un soupir
le cœur en chamade indifférente

Dans la maison endormie
le volet s’ouvrait sur l’air frais ce soir là

C’était ça
Hors les tourments de la dispute
les mots les cris les pleurs

C’était une pâleur timide
marquée sur ma peau
un tatouage-paquetage
inscrit en adn

C’était tout ça

 

Janvier 2020

Jeu

J’aime les mensonges minuscules
mots sucrés volés à la cuisine
jetés du bord de mes lèvres timides

J’aime les mensonges songeurs et graves
tempérés de gestes doux
enroulés de gentillesse

J’aime les mensonges curieux
sous les plis des faux semblants
derrière les paupières et l’ouïe oublieuses

J’aime les mensonges fous
inutiles futiles et gratuits

J’aime glisser mes vérités
sous des évidences mensongères