Une poupée de papier
De papier déchiré
Petite fille
Rose brun
Lutine comme un troll
Elle chante et parle
Ce sont mes cris
Que j’entends
Le bruit de papier
Une poupée de papier
De papier déchiré
Petite fille
Rose brun
Lutine comme un troll
Elle chante et parle
Ce sont mes cris
Que j’entends
Anorexique en sage anorak bleu,
nuits après jours
tu nouais tes frayeurs en écharpe.
Tes jupes plissées ont froissé ma jeunesse,
mes envies se sont perdues dans tes veilles.
Tu arrêtais la radio pour empêcher
les mots d’exploser.
Dans ta cellule triste,
tu as démodé toutes mes chansons.
Le pinceau et les couleurs
sont rangés
dans le pot devant moi,
pourtant rien n’est figé.
Dans la tasse pleine infuse
un liquide d’ombres
et de fumée grise.
Un dessin s’y fixe,
mes yeux le décomposent
comme une image
au négatoscope.
Et je me reconnais
dans le verre
d’eau délavée.

Un son aigu me poursuit,
c’est le silence pourtant
qui sonne
dans l’interstice de mes osselets
et du fond de ce pavillon
pique claque et corrige
le bruit de mes pas sur le sol
entre les herbes noires
que je fauche la nuit,
alourdie d’un poids
rouge
et
blanc
