Catégories
Humeur Impressions & Souvenirs

Feue la magie

 

Il était un jour une fête qu’on appelait Noël. Une période mystérieuse pour les tout petits, mais aussi pour les autres. Une magie toute spéciale habitait les maisons des semaines avant la date immémoriale. Religieuse ou non, la fête était sobre, rassemblait une famille autour de quelques gestes simples et traditionnels.

En ces temps si peu « mémorables », Noël est un jour (presque) comme un autre, où se prépare seulement une fête matérielle. Aussi loin de la magie ancienne, aussi peu économe d’excès en tous genres que l’on aurait pu imaginer qu’elle devienne.

Tristesse devant le Noël galvaudé… Le 25 décembre est bien devenu la fête du terre à terre, du réalisme assumé. Une grande déception pour les nostalgiques des fêtes et de leur enchantement !

 

Catégories
Humeur Poésie

Toutes ces choses

Je tremblerai dans les nuits
dans les jours
Je ressentirai le blues de minuit
à midi et à point d’heure
Je serai habillé, crayonné et enluminé
ou alors une ombre au tableau noir
des oublis enfantins
Je serai loin de ce jour-ci
collé blafard à la fenêtre fermée
Je serai un emplâtre sur la folie
d’un monde qui aura tout absorbé
Je verrai toutes les couleurs
et pourtant je serai triste
alors que je suis né
pour vivre et respirer et aimer

Catégories
Poésie

Harmonie sourde

 

La lumière qui aveugle
la fenêtre laissée ouverte
sur le jardin étonné
confisque à l’oiseau ses couleurs
Comment recevoir
ce spectacle d’harmonie
sourde et de fragilité
Les yeux portés vers le chêne
encore vert dans la clarté
des vitres enflammées

°

C’est dimanche ici
Regard extérieur, pas de mouvement
La maison est innocente
de ses pièces, de ses usages
La musique d’un récipient
qui cuit le repas, seul bruit intérieur
Une voiture au loin pourtant
C’est dimanche ici où le voyage prend fin
Rien que le silence comme présence

°

Des mots pour enfermer
la part d’infinité
la chair des choses
la vérité des peurs
Des mots durs et simples
pour dire la douceur
de ce qui murmure
– le jour – la nuit –

 

Catégories
Poésie

En allée…

Au plus loin du centre au cœur d’un autre lieu
infime surprise dérisoire découverte
Quand l’habitude du proche s’en est allée
qu’elle m’a fait faux bond s’est volatilisée
comme le simple souffle de fraîcheur
le matin devant ma bouche
De ces nuits comme des abris
des caresses des réconforts et des alliances
qu’on croyait si fortes et éternelles
Au plus loin de notre centre au cœur d’un lieu inconnu
se déporter pour vivre et continuer de respirer

Catégories
Humeur

Des livres et moi

 

Combien de livres tombés entre nos mains sont-ils capables de nous captiver ? Cette question, je me la pose parfois en inspectant mes rayonnages. Et je me rends compte qu’ils sont assez souvent le cadeau pertinent que des personnes bienveillantes et à l’écoute de mes goûts, de mes penchants ont su dénicher et m’offrir ! Constat positif, n’est ce pas ?
Alors, je sais que je ne fermerai pas ce billet d’humeur dans l’amertume, au contraire, pour la bonne raison que j’aurai fait le constat que je ne suis pas la seule à m’occuper de la santé de mes méninges, de mon état nerveux ou de mes plaisirs. Car c’est bien du plaisir, du bien être, que procurent une bonne lecture pour les romans ou la découverte d’une technique pour les livres d’art !

Catégories
Humeur Poésie

Eléments

Un ruisseau de cailloux gris serpente entre les arbres secs, pourtant le chemin cahote vers des lumières. Quand les ombres bleues se dressent, alors le froid entre dans nos têtes. C’est le souvenir que nous respirons, sur la terre fumante, dans l’odeur de truffe et de vent.

AG – 2016

« Contente toi de baigner tes pieds dans le sable qui dort
sans demander aux cailloux pourquoi le ruisseau fuit
et pourquoi le vent passe. »

George Sand – Le ruisseau, Légendes rustiques

Catégories
Collages

Humeur collages

Catégories
Impressions & Souvenirs

Rouge

C’était une maison de chaux, presque troglodyte. A l’intérieur, sur ses murs blanchis, une peinture rouge dessinait des mains. Elles formaient une guirlande qui enserrait les pièces, les reliaient les unes avec les autres, courant de bas en haut. Et de chaque doigt naissaient d’autres mains. Cette image rappelait les peintures et dessins de Cocteau au trait juste, parfait.

Une femme avait réalisé cette œuvre, il en ressentit la réalité comme une évidence, le devinant au choix de la couleur des mains : rouge-sang. Des mains qui avaient servi à donner la vie, puis à accompagner. Qui ? Des enfants bien sûr, des nouveau-nés bercés et caressés, nourris, guidés jusqu’à devenir grands.

Et la maison lui apparaissait comme une enveloppe de protection où il pourrait vivre au milieu de ces liens caressants, se laisser prendre par la main et ne plus lutter.

Il sentit en s’éveillant que son rêve l’avait protégé un instant, même bref (comment savoir si notre rêve a été long, si au contraire il n’a duré que ces quelques secondes qui précèdent le réveil ?). Il sut qu’il devait s’efforcer de laisser l’effet durer, que sa journée et les jours suivants devraient se souvenir de la maison où il se blottirait dès qu’il sentirait à nouveau le poids des mauvais jours de l’enfance. Et à nouveau retrouver ce refuge sorti de son subconscient.

Un rêve doux, avec sa part de merveilleux… Pourrait-il un jour, un instant, le vivre à nouveau ?