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Ecrits courts Humeur

Furoshiki

Pourquoi ai-je pensé hier soir aux premiers et derniers enveloppements de l’être humain : le bébé emmailloté de toile fine à la naissance et le corps sans vie de l’homme glissé dans une pièce de linge blanc, un linceul… Parce que le hasard venait de me montrer ces deux événements : la vie et rien d’autre, la vie et la mort.

Et de là il n’y avait qu’un pas pour que mon esprit, dans le brouillard du premier sommeil, se mette à vagabonder de manière un peu surprenante il est vrai. L’emballage, me dis-je, est une technique pratique et indispensable. Le joaillier dépose ses créations dans des écrins pour mettre en valeur leur beauté, le pâtissier protège ses gâteaux des poussières et des chocs dans des boites rigides. Les cadeaux en général sont  pliés dans du papier ou pour les plus rares dans des contenants précieux.

L’esprit au coucher voyageant alors vers le levant, je me rappelai que les japonais ont inventé et élaboré un art étonnant de l’emballage appelé furoshiki, qui consiste à plier et nouer des chutes de tissu pour envelopper les objets. Le résultat est harmonieux et pour les bénéficiaires fait du cadeau une double surprise. J’enviai au passage à ces artistes, qui ont aussi personnalisé l’art du bouquet, ikebana, ces noms bien plus poétiques que nos bouquetage, emballage, paquetage ! Mais à une si grande distance peut-on, peut être, imaginer que ces derniers évoquent une certaine esthétique, disons, occidentale. « Soyons positifs, et voyons les choses plus largement », me disais-je, pas encore endormie.

Parvenant à ce stade à une réflexion pratique, je me suis mise à penser qu’aujourd’hui l’emballage tissu pourrait constituer une alternative à l’utilisation du plastique. Et je me félicitai, à une heure si tardive, de mettre à jour cette pensée hautement responsable : nous savons tous en effet qu’il faudrait éliminer de nos habitudes de consommation l’emballage jetable pour revenir au réutilisable.

Oui mais voilà, les habitudes, les bonnes et surtout les mauvaises, ont la vie dure, on le sait. C’est à ce moment, je crois, que mon esprit s’est mis à tanguer pour lentement sombrer tandis que mon corps se lovait, douillettement enveloppé dans sa couette. « Me voilà emballée façon furoshiki » fut, je crois, ma dernière pensée du soir.

Il serait toujours temps, au réveil, de reprendre le combat écolo-responsable !

Autres textes

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Poésie

Cette faiblesse

A ces soirs incertains
dans la pénombre de la chambre
je reconnais l’angoisse
sur mon corps d’enfant malade
poursuivant au dehors
les pas de la mère
en-allée
Mon angoisse muette
et pourtant gonflant et oppressant
mon souffle
de coupable innocente
Mes yeux guettent
le reflet dans la vitre
J’écoute le bruit
des gonds de la porte qui ramènera
la silhouette connue
Et l’attente palpite et s’essouffle
Rien ni personne
pour me faire avouer
cette faiblesse cette blessure
première
imprégnée
et déjà définitive

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Humeur

Indifférente

La vie des minuscules ne m’atteint pas. Les insectes, les oiseaux, les chats domestiques ne m’émeuvent que très peu. Suis-je insensible, indifférente dans mes retraits, mes colères, mes angoisses devant la vieillesse, devant ceux qui retrouvent à petits pas un rythme de vie minuscule ?

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Ecrits courts Poésie

Revue FPM 26

La revue Festival Permanent des Mots publie dans son numéro 26 mon texte La mémoire couleur.

A lire en page 32 de la revue

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Dessin

Collection Textiles

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Poésie

Journal d’été

27 juin … le sable humide et le sel des franges d’eau imperturbables, mouvements rituels et rythmés … ils rappellent ces jours d’enfance où la mer était une découverte

29 juin … le pouls des jours ne s’accélère pas, seul le battement des tristesses pèse par instants sur la course des sentiments

17 juillet … été dans l’étau des contraintes, alors distractions futiles, recherches vestimentaires pour combler l’envie de plaire à un seul

4 août … lente percée de lumière après la pluie, la lampe se reflète dos au mur, face contre le miroir intérieur, la journée comme la précédente finira sous une clarté relative

17 août …vol des aiguilles de pin dans le jardin, la terrasse est un avaloir de feuilles sèches et de poussière, déjà en automne

20 août … « une ville devient un univers lorsqu’on aime un seul de ses habitants… » univers lointain et (presque) inacessible, la ville nord

30 août … une lueur, le soleil entre les nuages filtre en dentelles à travers la treille, léger baume du soir

3 septembre … insomnie, chacun est confronté à sa manière à son moi, endormi ou non … pour gagner le sommeil, replonger dans ces pages du journal et lire donne le désir d’écrire

7 septembre … ce mois de rentrée que je ne saurai jamais vivre volontiers … petite mort de la lumière, de la chaleur, de l’insouciance des mois précédents

14 septembre … isolés, physiquement repliés sur nos deux vies … depuis un jour positifs au mal ambiant … comme pour clore l’été

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Poésie

Revue Comme en poésie n° 87

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Ecrits courts Poésie

Revue FPM 24

VILVILLAGE et MELANCOVILLE, deux textes parus dans la revue Festival Permanent des Mots n° 24.

Les textes… à lire

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