Non, ce ne sont pas des monstres, ces petites bêtes qui me chatouillent l’existence, qui la dérangent par ci par là… Ce sont des êtres tout bêtes au contraire, sans grand penchant pour le raisonnement, l’analyse et la réflexion. Ils vivent le quotidien, une vie et rien d’autre, des jours à la queue leu leu, les jours de soleil pas plus gais que les jours gris. Et le temps a lissé leur pelage, ajouté des soupirs à leurs bâillements, des plis dans leur pattes peu à peu chancelantes. Ils étaient jeunes un jour, et vifs, mais pas sautillants, pas enjoués devant la lueur du levée du jour, ni pensifs à la tombée des nuits. Ils survivaient et s’amélioraient pendant un temps, tout bref, le temps de devenir matures. Mais quelle maturité pour ces êtres si peu perméables à la couleur des arbres sous la pluie, au bruit de cette même pluie sur leur toit, à cette musique qu’ils auraient dû laisser entrer sous l’épiderme, par tous les pores ? Et puis aussi, voir à travers la profondeur des cavités de leurs yeux transparents comme l’eau qui se perd le long de leurs routes de campagne. Elle va pourtant rejoindre le prochain petit ruisseau, cette eau imprévue que le ciel offre un jour humide, dans une saison froide. Pour finalement justifier la source indispensable. Non, ce ne sont pas des monstres ces petites bêtes qui me ressemblent peut être aussi.

Rubrique Ecrits courts