Catégories
Poésie

Rosa rosa rosam

Fleurs couleur de sang
Rosacées des matins et des soirées

Lis blanc, étole de l’abbé
portant l’habit du baptisé

Rose grimpante déchirant
ma chair accrochée au muret de pierres sèches

Hortensias en réunion de sages
assis en rond au bord des lèvres du couchant

Lierre, fier et singulier oppresseur
vrillé au cou des hommes volontaires

Menthe éphémère et fraîche
bouche verte offerte aux soirs d’été

Catégories
Ecrits courts Poésie

Haïku, pourquoi pas…

Le haïku naît devant un feu de bois, une lumière matinale, un jour de pâle ciel de pluie. Il est joie vive d’un instant, rumeur bruyante de solitude. Il s’écrit sans rime, en écho à des profondeurs inexprimées, effluves à fleur de peau. La beauté ou la tristesse lui donnent sa légèreté ou sa torpeur. Mais quel goût, prononcé à mi voix ou à haute voix, laisse-t-il au fond de la gorge ?

A l'heure moyenne
un rai
le soleil jaunit

Ombre fragile
Le jour
me suit

Fenêtre allumée
ma joue
pâlit

S'ébrouer
jeter la fatigue
sur l'herbe fraîche

Des voix
par la cheminée
Instant de vie

Le jour
chasse la nuit
S'étonner

Catégories
Poésie

Revue Cabaret

Un de mes poèmes paru dans le hors série n° 8 de la revue Cabaret « Lumières dans la nuit ».

à la lune

je n’ai pas
dévoré la vie
admiré les soirées dorées et les heures matinales et étales
sauté à pieds joints dans le croissant de lune là devant ma porte
plongé dans des rêves bouillonnants et palpitants
aimé comme il fallait
trop – encore trop – toujours trop
je n’ai pas inventé
j’ai détesté l’excès
j’ai pleuré devant un crépuscule rose
espérant me souvenir de la nuit
non je n’ai pas avalé les baisers dans telle gorge amie
oui j’ai peur de mon absence devant un croissant de lune

 

Cabaret Hors-série 8

Catégories
Poésie

Des mots que je ne saisis pas

Elle revient de loin, des continents muets, des îles usées et des rivières incolores. Elle revient pour un regard à moitié éteint à moitié curieux. Elle revient, mais non, elle me frôle, sombre, lointaine. Dans un creux du sol, de ses doigts pareils aux miens, phalanges lisses et ongles chastes, elle trace des mots que je ne saisis pas. Devant la fenêtre, son visage à même la vitre, son sourire comme un bouquet d’herbes folles. Les yeux mi-clos sous les rais du soir, le soleil, la lune, les étoiles la fatiguent. Elle enfile le matin une chemise blanche pour se garder de l’impureté. J’écoute ses chuchotements, les projette sur le mur de la chambre, le mur d’une chambre absorbant les gris. Les recoins abritent des parasites oubliés, un bruit d’efforts involontaires s’insinue dans les interstices. Le cycle des ombres renaît. Elle vit peut être, tout doucement. Au dehors le paysage est le même, les arbres toujours sur la longue route.

Catégories
Poésie

Les courbés

Un temps
soufflé et envolé
dans les lâchers de ballons
de l’enfance

Sous les forêts claires
sous les larges ciels
le temps les a soumis

Silences et hurlements de leurs muscles
jusqu’à ne plus pouvoir marcher
courbés sous le poids des arbres
leurs ombres noires

Catégories
Dessin Ecrits courts

Mes petites bêtes

Non, ce ne sont pas des monstres, ces petites bêtes qui me chatouillent l’existence, qui la dérangent par ci par là… Ce sont des êtres tout bêtes au contraire, sans grand penchant pour le raisonnement, l’analyse et la réflexion. Ils vivent le quotidien, une vie et rien d’autre, des jours à la queue leu leu, les jours de soleil pas plus gais que les jours gris. Et le temps a lissé leur pelage, ajouté des soupirs à leurs bâillements, des plis dans leur pattes peu à peu chancelantes. Ils étaient jeunes un jour, et vifs, mais pas sautillants, pas enjoués devant la lueur du levée du jour, ni pensifs à la tombée des nuits. Ils survivaient et s’amélioraient pendant un temps, tout bref, le temps de devenir matures. Mais quelle maturité pour ces êtres si peu perméables à la couleur des arbres sous la pluie, au bruit de cette même pluie sur leur toit, à cette musique qu’ils auraient dû laisser entrer sous l’épiderme, par tous les pores ? Et puis aussi, voir à travers la profondeur des cavités de leurs yeux transparents comme l’eau qui se perd le long de leurs routes de campagne. Elle va pourtant rejoindre le prochain petit ruisseau, cette eau imprévue que le ciel offre un jour humide, dans une saison froide. Pour finalement justifier la source indispensable. Non, ce ne sont pas des monstres ces petites bêtes qui me ressemblent peut être aussi.

Rubrique Ecrits courts

Catégories
Dessin

Pom pom pom pom !

Voilà l’automne !
En cadeau, une belle pomme, une reine des reinettes de par chez nous.

Catégories
Dessin

Tout petit tout mini…

Tout petit tout mini croquis esquissé de petites mains en petits crayons sur petit carnet un beau petit matin d’octobre !!