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Poésie

A l’encre importune

Brume épaisse d’une encre
qui asphyxie autour
d’un pot de verre béant
attendant
le plongeon d’une plume.
Chaleur du dessin
des lettres sur une page
blanche.
Petits caractères
en pattes d’insectes…
Ils seront jugés
poètes
conteurs
d’histoires
importunes.

 

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Humeur Poésie

Herbe bleue et ciel vert

Avant j’allais faire mes prières sur le dos des collines, au long des chemins.

Et il y avait toujours un monument de pierres pour entendre ce que j’avais à dire aux herbes bleues, au ciel vert et au vent fluet.

Oui, il y avait cela.

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La course des étoiles

Écoute il pleut !
Entends il vente !

Au long des âges
la course du soleil
a déroulé les journées
de patience

L’homme a attendu
le passage des pluies
la piqûre du vent,
la roue du moulin
enfin en marche,
ses ailes au ciel
encore une fois envolées

Écoute il pleut !
Entends il vente !

 

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Poésie

Un jour d’agapes

Un jour, dans ma maison
je mettrai, posé sur ses quatre pieds, un fauteuil aux bras forts
je déroulerai un tapis comme une ombre jetée sur le chemin
je dresserai la table chargée de nourritures substantielles
je remplirai les cruches de vin et d’eau fraîche
je trancherai le pain qui aura la couleur et l’odeur des enfants
on fêtera le retour dans la maison

 

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Poésie

D’un autre hémisphère

D’origami en écaillures
d’azur
le fleuve scintille
près des perce-pierres
blutés.
Inopiné,
il arraisonne et enrôle
les malouines survivances.
Chut ! Écoutons ses
murmures d’émotion !

 

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Poésie

C’était ailleurs

un rêve un son
paroles éteintes
sous le long cours des naissances
aux couleurs de peau
à l’odeur de pays exotiques
comme avant le long voyage

étoiles écrasées hier dans le rêve
merveilleux envols de nuits étranges
quand le lac scintille
quand le matin éveille l’oiseau
inscrit sur mon front

endormies les plaintes
sous ce ciel
à nul autre
connu

 

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Impressions & Souvenirs Poésie

C’est l’hiver tout doucement

 

C’est l’hiver dans une lumière éclatée sur les champs de neige du Nord. La ville se colore tout doucement, se couvre de glace, de givre pour briller autrement. Lentement les hommes s’y promènent, pantins habillés de laine molle et chaude. Ils iront ainsi, marionnettes patientes, attendant le retour des jours longs.

 

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Impressions & Souvenirs Poésie

Comme un écho…

Patrice de La Tour du Pin, Les enfants de septembre

[…]
Mais les bois étaient recouverts de brumes basses
Et le vent commençait à retourner au Nord,
Abandonnant tous ceux dont les ailes sont lasses,
Tous ceux qui sont perdus et tous ceux qui sont morts,
Qui vont par d’autres voies en de mêmes espaces !

Et je me suis dit : Ce n’est pas dans ces pauvres landes
Que les enfants de septembre vont s’arrêter ;
Un seul qui se serait écarté de sa bande
Aurait-il, en un soir, compris l’atrocité
De ces marais déserts et privés de légende ?

 

John Ruskin, Les pierres de Venise

Si le voyageur veut se représenter ce qui fut, qu’il suive, le soir, un canal peu fréquenté jusqu’au milieu de la mélancolique plaine, […] qu’il attende que la lumière et la chaleur du soleil s’éteignent sur les eaux, que se perde dans la nuit le noir rivage désert, dépourvu de routes et de bien-être, plongé dans une sombre langueur au milieu de l’effrayant silence qu’interrompt seul le bruit des petits ruisseaux salés tombant dans des flaques sans marée, ou les cris interrogateurs des mouettes. Il pourra alors avoir une faible idée de l’horrible angoisse de coeur qui put jadis décider des hommes à choisir, pour l’habiter, une semblable solitude.