Les géants des pays froids se sont endormis
aux voix des trolls,
ils ne poussent plus au delà de la jetée
la sandale de bronze.
On les retrouve près de Aase moribonde
se reposer loin des marées.
Des légendes nordiques
Les géants des pays froids se sont endormis
aux voix des trolls,
ils ne poussent plus au delà de la jetée
la sandale de bronze.
On les retrouve près de Aase moribonde
se reposer loin des marées.
Une poupée de papier
De papier déchiré
Petite fille
Rose brun
Lutine comme un troll
Elle chante et parle
Ce sont mes cris
Que j’entends
Anorexique en sage anorak bleu,
nuits après jours
tu nouais tes frayeurs en écharpe.
Tes jupes plissées ont froissé ma jeunesse,
mes envies se sont perdues dans tes veilles.
Tu arrêtais la radio pour empêcher
les mots d’exploser.
Dans ta cellule triste,
tu as démodé toutes mes chansons.
Le pinceau et les couleurs
sont rangés
dans le pot devant moi,
pourtant rien n’est figé.
Dans la tasse pleine infuse
un liquide d’ombres
et de fumée grise.
Un dessin s’y fixe,
mes yeux le décomposent
comme une image
au négatoscope.
Et je me reconnais
dans le verre
d’eau délavée.

Un son aigu me poursuit,
c’est le silence pourtant
qui sonne
dans l’interstice de mes osselets
et du fond de ce pavillon
pique claque et corrige
le bruit de mes pas sur le sol
entre les herbes noires
que je fauche la nuit,
alourdie d’un poids
rouge
et
blanc

Je m’entortille en voulant me démêler
me mêler au hasard
d’un dédale solide et vécu
qui m’embrume et m’ennuie
au jour le jour
dans une bousculade
qui me démet de tous mes membres
roués et décollés de moi
posés là à côté
pauvres prolongements
vertigineux
et si je me hissais vers ce sourire
qui me suit la nuit me rappelle le jour
à mes obligations
et je dérive
non je déroule mon âme
au hasard
dans un dédale exquis où je
rêve de facile exaspération
et finalement
me rengorge d’une brusque espérance
La revue Festival Permanent des Mots n° 19 publie cinq de mes poèmes dans sa rubrique « Libres courts ». Je ne peux les énumérer : ils sont sans titre !
Recours au poème a réalisé en avril 2018 un entretien avec Jean Claude Goiri, fondateur de la Revue Festival Permanent des Mots